Imagine qu'on te demande, là, maintenant, de décider combien d'acier la France doit produire l'année prochaine. Pas une fourchette. Un chiffre précis. T'as accès à toutes les données techniques que tu veux : les stocks, les capacités de production, les besoins déclarés des industries. Mais une seule information te manque, et sans elle, ton chiffre n'a aucun sens. Cette information, le socialisme l'a supprimée. Et c'est ce qui le condamne structurellement.
Au chapitre précédent, on a vu que la fausse les signaux et provoque des krachs. Mais que se passe-t-il si l'État, un beau matin, décide de supprimer totalement ces signaux ? Eh bien, le socialisme a essayé.
On va pousser la logique à fond, jusqu'à zéro prix. Pas parce que la France en est là, mais parce que le cas extrême rend la mécanique visible. Le réel, on le retrouvera juste après dans ce chapitre, en plus discret.
Dans son ouvrage de 1920 « Le calcul économique en régime socialiste », Ludwig von Mises a démontré que ce modèle se heurte à une impossibilité logique.
Là où il n'y a pas de marché libre, il n'y a pas de mécanisme de prix ; sans mécanisme de prix, il n'y a pas de calcul économique.—Ludwig Von Mises