En 2008, les banques centrales ont injecté des milliers de milliards. Beaucoup craignaient une explosion des prix à la consommation. Elle n'a pas eu lieu. Donc imprimer de la monnaie ne crée pas d'inflation ? Mauvaise réponse. Mauvaise méthode, surtout.
Au chapitre précédent, t'as vu que la s'effondre par manque d'information. Mais alors, comment les économistes font-ils pour traiter cette information ? C'est là que les chemins se séparent.
Il existe deux manières radicalement opposées d'aborder l'économie.
On observe des chiffres (genre le PIB, le chômage, ...), on fait une hypothèse et on regarde si les données du passé confirment la théorie. C'est ce qu'on appelle l'empirisme (ou le positivisme dans sa version méthodologique).
On garde la théorie qui explique le mieux les données. Jusqu'à preuve du contraire.
Là, on ne part pas de l'observation, mais d'un point de départ qu'on tient pour indiscutable, puis on en déduit tout le reste par la logique, exactement comme en géométrie. C'est la méthode axiomatique-déductive.
Si les axiomes sont vrais, les conclusions le sont aussi. Pas besoin de mesurer un seul triangle.
Friedrich Hayek(opens in a new tab), économiste de l'école de pensée autrichienne, a dénoncé ce qu'il nommait le scientisme, c'est-à-dire la volonté d'appliquer les méthodes des sciences dures (par exemple, physique ou chimie) à l'action humaine.
“Le scientisme est l'imitation servile de la méthode et du langage de la Science par ceux qui étudient les problèmes de la société, alors que ces méthodes ne s'appliquent pas à leur objet.—Friedrich Hayek
Mais pourquoi un tel rejet ? Pour les autrichiens, ces méthodes sont mal adaptées à ce qu'elles étudient :
- La société n'est pas un laboratoire. On ne peut pas isoler une variable. Par exemple, si les impôts baissent et que la croissance se met à monter, est-ce à cause des impôts ou d'une nouvelle technologie apparue au même moment ? Impossible de trancher clairement.
- L'humain apprend. Contrairement à une planète, l'humain change son comportement s'il connaît une théorie. Les données du passé n'enferment pas le futur dans un modèle stable et immuable.
Toute la pensée autrichienne repose sur une seule brique, une vérité de base. C'est ce qu'on appelle l'axiome praxéologique (de la praxéologie(opens in a new tab), la science de l'action humaine).
“L'être humain agit dans un but.
Vous pensez que ça a l'air bête ? C'est pourtant une arme de réflexion massive, croyez-moi !
Peux-tu réfuter cet axiome ? Essaie de prouver que l'être humain n'agit pas de manière intentionnelle.
C'est ici que l'on comprend pourquoi les débats économiques sont souvent stériles : les deux camps ne parlent tout simplement pas la même langue.
Clique sur chaque école pour comparer leurs raisonnements face à une même question :
L'école autrichienne ne cherche pas à prédire des choses du style « le PIB montera de 1.2 % ». Elle établit des lois qualitatives et universelles.
Par exemple : « la manipulation artificielle des taux d'intérêt provoque systématiquement une mauvaise allocation du capital ». Pour un autrichien, ce n'est pas une opinion à débattre : c'est une conséquence logique du raisonnement. On ne le prouve pas avec des données, on le déduit.
On boucle la boucle ici. Les conclusions des chapitres précédents ne sortent pas d'une préférence politique. Ce sont des conséquences logiques tirées de la nature même de l'être humain. Libre à toi d'en tirer, ensuite, les conclusions politiques que tu veux.
On se fait un quiz pour tester les acquis du module ? .