Une monnaie ne sert à rien toute seule. Elle ne vaut quelque chose que parce qu'un réseau d'utilisateurs l'accepte. Parfois par habitude, parfois par contrainte légale, parfois par choix. Toute la question, depuis 5000 ans, c'est : pourquoi on adopte cette monnaie-ci, et qu'on abandonne celle-là ?
Si je te demande ce que tu as dans ton portefeuille, tu me répondras sûrement (après m'avoir dit que ça ne me regarde pas) : « de l'argent ».
Pourtant, seul sur une île déserte avec un million d'euros, tu serais pauvre. Pourquoi ? Parce que les billets ne se mangent pas. La monnaie ne vaut rien sans les autres : elle est avant tout une technologie de collaboration.
La monnaie a un job précis : transférer la valeur de notre travail dans l'espace, mais surtout dans le temps.
Comme nous ignorons de quoi demain sera fait (santé, coup dur, opportunité), nous stockons la valeur de notre travail aujourd'hui pour pouvoir la restituer plus tard. On peut imaginer la monnaie comme une batterie stockant de l'énergie. Mais attention : pour qu'une batterie soit utile, il ne faut pas qu'elle se vide toute seule !
C'est ici qu'interviennent deux concepts souvent confondus : la rareté et la dureté.
« Combien y en a-t-il actuellement ? »

« Si l'on augmente la production d'une monnaie, est-ce que l'offre va suivre cette demande ? » Si la réponse est non, alors cette monnaie est dure.

Pour qu'une monnaie soit une « batterie » qui tient la route, on retient cinq propriétés.
Clique sur chaque pilier pour la définition. Garde un œil sur le cinquième. C'est lui qui décide de tout.
Et comme toujours, passons à la pratique en découvrant comment l'histoire a « puni » les batteries qui fuyaient.
Déplies les monnaies ci-dessous afin d'en savoir plus !






Le verdict de cette galerie est sans appel : dès qu'une monnaie perd sa dureté, elle cesse d'être une réserve de valeur et finit inéluctablement par disparaître.
C'est une régularité historique frappante : à long terme, les utilisateurs délaissent les batteries qui fuient pour celles qui tiennent. Une monnaie facile à diluer se vide toute seule. Une monnaie durablement dure devient mécaniquement de plus en plus rare, et protège ceux qui l'utilisent.
Depuis 1971, plus aucune monnaie majeure n'est adossée à l'or. Le monde entier tourne sur des monnaies dont la dureté tend vers zéro (les monnaies Fiat). Nous avons choisi la vitesse de transaction au détriment de la solidité de notre batterie.
Mais attention : quand on utilise une monnaie « facile à créer », on fausse le prix du temps et de l'effort. On envoie de faux signaux à toute la société, ce qui crée des phases d'euphorie artificielle suivies de krachs violents.
Reste alors une question ouverte : « existe-t-il une monnaie dont la dureté serait structurellement garantie, sans dépendre d'aucune institution ? » On y reviendra.
Prêt à découvrir comment ce manque de dureté fabrique, mécaniquement, les que nous subissons ? On y va.